Caroline Cloutier «Vertige : les miroirs»

Caroline Cloutier
« Vertige : les miroirs »

1er février au 1er mars 2014

Miroir 6
* Miroir 6, 2014, photomontage, impression numérique sur papier photo, 40×40″ / 100x100cm

La Galerie Nicolas Robert est heureuse de présenter l’exposition Vertige : les miroirs de Caroline Cloutier. Le premier volet du projet Vertige est présenté au Centre Clark jusqu’au 22 février 2014, au 5455, Avenue de Gaspé, local 114 (Montréal). Cette installation photographique in situ entame la réflexion de Cloutier sur la mise en abîme, poursuivit dans les photomontages présentés à la Galerie Nicolas Robert du 1er février au 1er mars 2014.

Le projet Vertige, dans son ensemble, en est un d’exploration des possibles qui se déploie en divers moments : tantôt imposante installation photographique montée au mur (Clark, 2014), ici  une série de photomontages cerclés puis encadrés, avoisinant un passage mystérieux, trompe-l’oeil donnant l’impression d’une ouverture dans la cimaise.Vertige : les miroirs agit comme une extension, ou plutôt une démultiplication des espaces fictionnels visibles au Centre Clark. L’artiste arrive par le fait même à ouvrir un canal de communication entre deux espaces, donnant ici à voir chaque image comme autant de cadres d’un film, fragments narratifs d’un parcours.

Les volets du projet se déployant à différentes échelles, l’expérience s’ancre dans une dynamique changeante avec l’espace. En effet, si le format installatif de Vertige (Clark) nous plonge dans un corps à corps avec l’oeuvre et l’espace qu’elle ouvre, les photomontages eux, témoignent d’un ailleurs, sorte de maquette d’un possible site inaccessible. Images d’un lieu d’une neutralité angoissante, à l’architecture labyrinthique, c’est cette fois par le truchement de la projection mentale que notre corps est appelé à s’inscrire dans cet ailleurs. C’est aussi au titre qu’il faut se référer pour saisir toute la portée intrinsèque de la proposition. Le miroir, à la fois reflet impénétrable et symbole d’un monde dans lequel on voudrait basculer.

S’il est vrai que le projet Vertige revêt un caractère hétérotopique[1], c’est parce qu’il est à la fois  projection d’un espace virtuel et création d’un lieu localisé qui s’expérimente dans un dispositif autoréférentiel. Il en va de même pour la version miroir. Ces miroirs, qui n’en sont pas, renvoient à la notion même de l’espace utopique, lieu hors de tous les lieux, lieu où le corps est sans corps[2]. Car c’est bien avec cela que ces miroirs jouent, l’absence de reflet, l’absence du corps dans l’espace. Il s’agit peut-être plutôt de l’évocation d’un corps projeté, fuyant, rendu invisible par le médium photographique ; un corps lumière.

Vertige : les miroirs ne manque donc pas de produire son effet ; le vertige de ne pas pouvoir apercevoir son reflet dans ce miroir.

Emmanuelle Choquette

 


[1] L’on peut ici se référer au texte accompagnant le volet au centre Clark où Bernard Schütze introduit cette idée.

[2] Sur les notions d’utopie et d’hétérotopie ; Michel Foucault, Le corps utopique suivi de Les hétérotopies, Paris, Lignes, 2009, p. 10

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