Simone Rochon «Faux Monuments»

Simone Rochon
«Faux Monuments»

19 octobre au 23 novembre 2013

Stèle no9
* Stèle no9, encre acrylique et collage sur papier, 44 x 30 cm

La Galerie Nicolas Robert est heureuse de présenter la deuxième exposition solo de Simone Rochon à la galerie. L’exposition «Faux Monuments» se tiendra du 19 octobre au 23 novembre 2013. Le vernissage a lieu le samedi 19 octobre à 15h, en présence de l’artiste.

On y voit d’abord des structures en suspens, pareilles à des socles ou à des mausolées défiant l’apesanteur. Des formes désincarnées qui évoquent des constructions imposantes, mais dont la nature et la fonction demeurent ambiguës. L’espace dans lequel elles gravitent, vide et exempt de toute présence, participe à cette ambiguïté. 

Le volume des structures crée un effet de profondeur  freiné par la  richesse des textures qui nous ramène à la surface. Ces textures rappellent des faux-finis de marbre et de granite. Les pigments métalliques employés ajoutent à l’illusion et attirent le regard. L’idée de faux-finis et la brillance des Monuments et des Stèles pourraient nous faire basculer du côté du factice, voire du clinquant. Il n’en est rien. Le « faux » des Faux Monuments  ne réfère pas à une logique du leurre ou de l’artifice ni à l’étrangeté que l’on peut ressentir aux premiers abords. Il renvoie plutôt à une dynamique dans laquelle nous plongent les plus récentes œuvres de Simone Rochon: à la fois du côté du monumental et de sa négation.

Le format des œuvres, assez petit, participe de cette tension en contrecarrant le potentiel imposant des structures représentées, évoquant presque l’étude ou le plan. Presque mais pas tout à fait. Contrairement aux cas de l’étude ou du plan, ici le dessin n’est pas au service de l’architecture ou de la sculpture. Il existe à part entière.

Si les œuvres regroupées pour Faux Monuments s’éloignent de la question du paysage explorée avec les séries antérieures, elles n’en demeurent pas moins en continuité avec les Glaciers (2011), Îles (2011) et Déluges (2012). Elles poursuivent une réflexion sur la question de la frontière  : frontière des masses dans l’espace, de cet espace même mais surtout d’un médium, le dessin, dont l’artiste nous invite à explorer les limites.

La spécificité du dessin s’expose ici au-delà du tracé et du geste. Il réside en un vocabulaire, patiemment construit, au fil des coups de ciseaux, des fragments choisis, découpés et assemblés qui prennent forme sur le papier dont la texture et la matérialité sont mises de l’avant. D’ailleurs, les espaces évidés dans lesquels nous plongent les Monuments et les Stèles seraient peut-être davantage des surfaces, celles du papier, que des espaces au sens euclidien du terme. Ce qui est mis de l’avant serait alors moins l’ambiguïté d’un espace évidé et déshumanisé que cette matérialité du papier.

Avec  ses dessins, Simone Rochon  nous convie dans un univers où le grandiose se dissout dans le geste artistique, sensible et minutieux. 

Texte: Gabrièle Gosselin-Turcotte
Photos vue d’ensemble: Guy L’Heureux

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